• Forum 2019 de l’ACTRIMS et médecine personnalisée dans le contexte de la SP

    Le Forum 2019 de l’ACTRIMS (Comité des Amériques pour le traitement et la recherche dans le domaine de la sclérose en plaques) s’est déroulé autour du thème suivant : Precision Medicine Approaches for MS: Scientific Principles to Clinical Application (traitements individualisés dans le contexte de la SP : principes scientifiques et application clinique). Les participants à l’événement ont donc pu assister à de nombreuses discussions et présentations consacrées à la médecine personnalisée, soit une approche de la médecine axée sur une prestation individualisée des soins de santé du point de vue des décisions, des pratiques et des traitements. Le compte rendu ci-après vous permettra d’en savoir plus sur ce qui s’est dit au cours de ce forum de l’ACTRIMS à propos de la médecine personnalisée en lien avec la SP.

    Traitements individualisés dans le domaine de la SP : où en sommes-nous?

    Le forum en question a été pour M. Gavin Giovannoni, Ph. D., de la Queen Mary University of London, à Londres (Royaume-Uni), l’occasion d’aborder deux sujets : 1) les facteurs pronostiques à prendre en considération pour déterminer le traitement à prescrire à un patient en particulier et 2) l’élimination des risques liés aux différentes approches thérapeutiques envisageables dans la prise en charge de la SP. L’intervention de M. Giovannoni a tout d’abord porté sur la possibilité de recourir à une méthode de détermination des risques en vue de catégoriser les cas de SP en trois groupes : pronostic favorable, pronostic intermédiaire et pronostic défavorable. Cette méthode pourrait impliquer la collecte d’information sur divers facteurs tels que l’âge, les résultats d’examens par imagerie par résonance magnétique (IRM), les changements touchant les capacités fonctionnelles (motricité, cognition, etc.), les périodes de rémission, le taux de vitamine D, la comorbidité, etc. Elle permettrait par ailleurs de déterminer la catégorie pronostique dont une personne atteinte de SP pourrait faire partie ainsi que d’établir la liste des traitements qui conviendraient le plus à celle-ci. M. Giovannoni a ensuite abordé différentes approches axées sur l’élimination des risques associés aux traitements utilisés contre la SP, comme celle qui consiste à prescrire un anticorps pour contrer un effet indésirable connu d’un traitement envisagé. L’élimination des risques associés à l’immunosuppression comporte de nombreuses étapes : analyse de référence exhaustive des taux de leucocytes et de plaquettes; tests sérologiques; examens par IRM. De plus, il importe que soient effectués, d’une part, un suivi étroit des réactions du patient aux perfusions et aux antibiotiques qui pourraient lui être administrés concomitamment et, d’autre part, une surveillance régulière de l’état de cette personne par des tests sanguins, des analyses d’urine, des examens d’IRM, un dépistage d’éventuelles infections et un suivi de l’activité de la maladie. L’analyse de tous ces facteurs permettrait une prise de décisions individualisée au profit du patient atteint de SP.

    Le bon traitement pour chaque patient

    Lors de sa présentation intitulée « Selecting the right patient for the right treatment » (choisir le bon traitement pour chaque patient), le Dr Mark Freedman – neurologue et chercheur de l’Université d’Ottawa et de l’Institut de recherche de l’Hôpital d’Ottawa, qui mène des travaux de recherche subventionnés par la Société de la SP – s’est penché sur les facteurs à prendre en considération en vue de la personnalisation du traitement destiné à une personne ayant reçu un diagnostic de SP. Selon le Dr Freedman, il importe de tenir compte de trois profils clés au moment de déterminer le traitement à prescrire à un patient. Il s’agit du profil de la maladie (activité de la maladie et facteurs pronostiques), du profil des options thérapeutiques offertes (mécanisme d’action, tolérabilité, innocuité, fréquence de la surveillance), ainsi que du profil du patient (observance, maladies concomitantes, facteurs personnels). En ce qui concerne le profil de la maladie, il importe d’établir le risque de progression imminente de la maladie. Pour cela, il est possible d’examiner un grand nombre de facteurs tels que l’âge, le sexe, l’origine ethnique, la gravité des poussées, le rétablissement du patient après les poussées ainsi que le degré d’incapacité. Comme M. Giovannoni, le Dr Freedman a précisé qu’il importe de tenir compte de facteurs pronostiques tels que les résultats des examens d’IRM, y compris le nombre de lésions et l’emplacement de ces dernières ainsi que le degré d’atrophie cérébrale. Quant au profil du traitement, le Dr Freedman a souligné que celui-ci varie selon le mécanisme d’action du médicament concerné. Certains médicaments agissent en modulant l’action du système immunitaire, tandis que d’autres détruisent les cellules immunitaires nocives ou empêchent celles-ci de pénétrer dans le système nerveux central. Le mécanisme d’action et d’autres facteurs tels que les effets indésirables et le mode d’administration du médicament revêtent une importance cruciale lorsque vient le moment de déterminer le traitement à prescrire à une personne atteinte de SP. Ultimement, cette dernière devrait choisir le traitement qui lui convient le plus suivant le profil de la maladie, celui des médicaments envisageables dans son cas ainsi que diverses considérations personnelles, comme la profession, le mode de vie, la fréquence des déplacements, la disponibilité pour le suivi, la grossesse, etc.

    Du visible à l’invisible – recours aux biocapteurs dans le cadre du suivi d’un patient

    Lors de la séance intitulée « Algorithms informing precision medicine management of MS » (les algorithmes au service de la médecine personnalisée),Mme Dina Katabi, Ph. D., du Massachusetts Institute of Technology, a parlé des biocapteurs permettant de mesurer l’activité de la maladie. Mme Katabi a mis au point une nouvelle technologie, qu’elle a baptisée Emerald et qui permet de surveiller la respiration, le cycle du sommeil, le rythme cardiaque et la marche d’une personne. L’aspect innovant de cette technologie est que celle-ci fait appel à des ondes magnétiques et qu’elle n’implique donc pas le port d’un quelconque appareil pour la personne faisant l’objet du suivi. La technologie Emerald comprend un dispositif semblable à un boîtier WiFi, que l’on peut placer quelque part au domicile du sujet et à l’aide duquel de multiples mesures peuvent être effectuées. Dans le cas d’une personne atteinte de SP ou d’une autre affection neurologique telle que la maladie de Parkinson ou la maladie de Huntington, par exemple, les mesures des mouvements de la marche obtenues grâce à ce dispositif revêtent une grande importance. En effet, les mesures de la marche effectuées en clinique ne reflètent pas forcément la façon dont une personne se déplace en marchant au quotidien. Or, grâce à la technologie Emerald, il est maintenant possible de faire un suivi à domicile de l’aptitude à la marche d’une personne, et ce, durant de longues périodes. Par ailleurs, cette technologie permet l’enregistrement de données sur les activités quotidiennes d’une personne, comme celles qui consistent à faire sa toilette et à s’habiller, de même que sur le cycle du sommeil. En fait, l’équipe de recherche de Mme Katabi a recours à la technologie Emerald pour effectuer des mesures aux différents stades du sommeil – sommeil paradoxal (caractérisé par des mouvements oculaires rapides), sommeil léger et sommeil profond. Lors de l’une de ses études, Mme Katabi a pris des mesures pour évaluer le degré d’efficacité de cette technologie en surveillant durant 100 nuits le cycle du sommeil de 25 personnes reliées à des appareils de contrôle du sommeil. Les résultats obtenus à l’aide de ces appareils ont été comparés aux mesures captées par le boîtier Emerald placé dans la pièce où dormaient les sujets. Or, selon les constatations de la chercheuse, le taux d’exactitude de la technologie Emerald a été de 80 % – résultat comparable au taux d’exactitude des tests menés dans les cliniques du sommeil. À ce jour, Mme Katabi a fait équiper de cette technologie le domicile de quelque 200 personnes aux prises avec la dépression, la maladie de Parkinson, une affection des poumons, la maladie d’Alzheimer ou la SP.

    L’apprentissage automatique et l’IRM comme outils de prédiction de la progression de la SP

    Finalement, lors d’un exposé donné par Mme Tal Arbel, Ph. D., de l’Université McGill, il a été question de méthodes d’apprentissage automatique faisant appel à l’IRM et permettant de prédire l’activité des lésions attribuables à la SP et la progression de cette maladie. Combiné à l’imagerie médicale, les méthodes d’apprentissage automatique pourraient fournir des données utiles au chapitre du diagnostic et de la surveillance de l’évolution de la maladie, contribuer à l’accélération des travaux lors des essais cliniques, de même que promouvoir une approche personnalisée en matière de soins de santé. Mme Arbel s’est plus particulièrement penchée sur les méthodes d’apprentissage en profondeur permettant de prédire la formation de nouvelles lésions et l’évolution future de l’incapacité dans le contexte de la SP. Pour élaborer de telles méthodes, l’équipe de recherche de Mme Arbel s’est procuré – auprès de divers partenaires de l’industrie – des données issues de vastes essais cliniques consacrés à la SP, en plus d’analyser des milliers de clichés d’IRM. En ayant recours à des méthodes d’apprentissage automatique, cette équipe a pu détecter de manière automatisée des lésions sur des images d’IRM, et elle s’emploie actuellement à élaborer de nouveaux modèles qui permettront de prédire l’activité future des lésions ainsi que l’évolution clinique de la SP à partir d’images de référence. L’utilisation de méthodes d’apprentissage automatique pourrait changer le cours des choses en matière de soins de santé, et ce, en favorisant le recours à la médecine personnalisée et en accélérant l’élaboration de médicaments. Mme Arbel et son équipe de collaborateurs continueront de mettre au point des méthodes d’apprentissage en profondeur en vue d’établir des modèles de progression de la sclérose en plaques – modèles notamment axés sur l’évolution de la forme cyclique de la SP vers une forme progressive de cette maladie. Ces chercheurs s’efforcent aussi de trouver des façons de reconnaître les personnes susceptibles de répondre à un traitement donné et celles qui ne le sont pas.

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  • Concepts émergents liés à la SP – Paramètre mesuré par IRM servant de marqueur du risque de conversion vers la SPPS, nouvelle cible thérapeutique associée à la neuro-inflammation, et rôle d’un marqueur biologique du vieillissement dans le contexte de la SP

    Les chercheurs qui ont fait une présentation dans le cadre de la séance du Forum 2019 de l’ACTRIMS sur les concepts émergents liés à la SP ont exposé aux participants les résultats qu’ils ont obtenus en explorant de nouvelles pistes de recherche sur cette maladie. Lors de cette séance, nous avons entendu parler notamment 1) d’une nouvelle stratégie qui permettrait de repérer les personnes chez qui la SP cyclique risque d’évoluer vers une SP progressive secondaire (SPPS), 2) d’une nouvelle cible dont l’exploitation pourrait permettre de prévenir l’inflammation associée à la SP et 3) d’un mécanisme lié au vieillissement qui pourrait servir de base à une nouvelle stratégie thérapeutique contre cette maladie.

    1. Lien entre l’atrophie de la moelle épinière et la conversion de la SP cyclique en SPPS

    Les traitements offerts actuellement visent à inhiber l’activité inflammatoire sous-jacente à la SP; pourtant, bon nombre des personnes atteintes de SP cyclique voient leur état évoluer vers la SPPS. Les paramètres mesurés au moyen de l’imagerie par résonance magnétique (IRM) fournissent des données utiles sur la progression de la SP et sur les incapacités. La Dre Antje Bischof, du Weill Institute for Neurosciences, de l’Université de la Californie, à San Francisco, a eu recours à l’IRM pour déterminer s’il pouvait y avoir une corrélation entre l’atrophie de la moelle épinière et la conversion de la SP cyclique en SPPS. Dans le cadre d’une étude d’observation de 12 ans, elle a comparé les résultats d’examens d’IRM de 54 personnes chez qui la SP cyclique avait évolué vers une SPPS à ceux de 54 personnes chez qui la SP cyclique n’avait pas évolué et de 54 témoins appariés selon l’âge et le sexe et n’ayant pas la SP. L’atrophie de la moelle épinière a été plus rapide dans le cas des personnes chez qui la SP cyclique s’était convertie en SPPS comparativement à celles qui n’avaient pas subi une telle évolution et aux témoins exempts de SP. En revanche, il n’y avait pas de différence entre les deux groupes de sujets ayant la SP en ce qui concerne le volume des lésions ou du cerveau. Les données présentées par la Dre Bischof indiquent que la vitesse à laquelle la moelle épinière cervicale s’atrophie pourrait être un marqueur de la conversion de la SP cyclique en SPPS.

    2. Nlrx1, nouvelle cible thérapeutique pour prévenir l’inflammation dans le contexte de la SP

    Bon nombre des traitements qui sont offerts actuellement contre la SP exercent leurs effets en prévenant la migration des cellules immunitaires vers le cerveau et la moelle épinière – qui constituent tous les deux le système nerveux central (SNC) – ou en atténuant la réponse immunitaire. Les molécules anti-inflammatoires qui sont présentes dans le SNC pourraient servir de cibles thérapeutiques et ralentir la progression de la SP. Mme Marjan Gharagozloo, dont les travaux de recherche doctorale à l’Université de Sherbrooke ont été subventionnés par la Société canadienne de la SP, a présenté ses données de recherche sur une molécule appelée Nlrx1, qui se trouve dans les mitochondries (centrales énergétiques des cellules). Plus précisément, Mme Gharagozloo a entrepris de déterminer si Nlrx1 influe sur la SP chez un modèle animal (souris) de cette maladie. Elle a constaté que la SP avait évolué plus rapidement dans le cas des souris chez qui le gène codant pour Nlrx1 avait été inactivé que chez les souris porteuses de ce gène. En outre, Mme Gharagozloo a constaté une infiltration de cellules inflammatoires dans la moelle épinière des souris dépourvues de la protéine Nlrx1. Enfin, il a été établi que Nlrx1 prévient la génération dans le SNC de cellules inflammatoires dont on sait qu’elles déclenchent l’activation des cellules immunitaires chez des modèles animaux de SP. En somme, il faudra poursuivre les travaux sur Nlrx1 afin de faire toute la lumière sur le rôle joué par cette molécule, mais il apparaît d’ores et déjà que celle-ci pourrait être une cible thérapeutique permettant de prévenir l’inflammation du SNC associée à la SP.

    3. Stratégie thérapeutique contre la SP consistant à cibler un mécanisme lié au vieillissement

    Le vieillissement a été associé à l’évolution de la SP; plus précisément, on pense qu’il influerait sur celle-ci en agissant sur la progression des incapacités et la neurodégénérescence. La Dre Kristen Krysko, de l’Université de la Californie, à San Francisco, a tenté de déterminer si la longueur des télomères leucocytaires (LTL), marqueur biologique associé au vieillissement, est liée à la progression des incapacités et aux variations du volume du cerveau chez les personnes atteintes de SP. Plus précisément, elle a examiné divers paramètres (LTL, résultats d’examens d’IRM et variations des incapacités) dans le cadre d’une étude menée auprès d’une cohorte de 365 femmes et de 160 hommes atteints de SP ou ayant présenté un syndrome clinique isolé (SCI). Les résultats de ces évaluations indiquent qu’un âge avancé et une SP de longue date étaient associés à des télomères leucocytaires plus courts. De plus, les participants dont les télomères leucocytaires étaient courts présentaient des incapacités plus marquées et un volume cérébral moindre comparativement aux autres participants. Les résultats de l’étude en question fournissent de nouveaux éléments sur un marqueur qui pourrait devenir un nouvel indicateur de la progression des incapacités ainsi que la cible de stratégies thérapeutiques novatrices contre la SP.

    Vous avez des questions ou des commentaires sur certains concepts émergents liés à la SP? Laissez-nous un message ci-dessous.

    N’oubliez pas de rester à l’affût des nouvelles publiées en direct par Karen Lee (@Dr_KarenLee) sur le Forum 2019 de l’ACTRIMS (#ACTRIMS).

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  • Quatrième forum annuel de l’ACTRIMS : des chercheurs et des cliniciens de renom présentent leurs travaux

    26 février 2019

    Le Forum 2019 de l’ACTRIMS (Comité des Amériques pour le traitement et la recherche dans le domaine de la sclérose en plaques) se déroulera du 28 février au 2 mars prochains à Dallas, au Texas. L’équipe de la recherche sera sur place pour faire le compte rendu des plus récents travaux de recherche sur la SP et relater les nouvelles qui retiendront l’attention pendant l’événement.

    Lors de ce rassemblement, qui aura pour thème « Precision Medicine Approaches for MS: Scientific Principles to Clinical Application » (traitements individualisés dans le contexte de la SP : principes scientifiques et application clinique), des chercheurs et des cliniciens chefs de file dans leur domaine seront présents pour parler des sujets de l’heure au chapitre de la recherche sur la SP. Concepts émergents, progrès récents et mesure des biomarqueurs liés à la SP susciteront assurément beaucoup d’intérêt. Des séances porteront par ailleurs sur l’administration de traitements individualisés, les enseignements à tirer d’autres maladies dans ce domaine et l’état actuel de la situation relativement à la SP, de même que sur les algorithmes reposant sur des données actuelles et les facteurs prédictifs de l’optimisation d’un traitement. Pour en savoir plus à propos du Forum de l’ACTRIMS 2019, consultez le site Web de l’événement (en anglais).

    Au cours des prochains jours, vous pourrez également en savoir plus sur cet événement en lisant les publications de Karen Lee sur le blogue de la Société de la SP et sur Twitter, à @Dr_KarenLee. #ACTRIMS

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  • Profils de chercheurs : Afolasade Fakolade

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  • L’équipe de la recherche de la Société de la SP vous souhaite de joyeuses Fêtes! En résumé : ce qui s’est passé en 2018 au chapitre de la recherche en SP et ce qui s’en vient.

    20 décembre 2018

    Alors que l’année 2018 tire à sa fin, c’est avec beaucoup d’enthousiasme que je pense à tous les progrès qui ont été accomplis au cours de la dernière année en ce qui a trait à la recherche sur la SP ainsi qu’à ce que nous apportera l’avenir dans ce domaine.

    L’année 2018 aura été marquée par d’importantes étapes, telle la publication par la Société de la SP de recommandations sur la vitamine D dans le contexte de la SP à l’intention des personnes atteintes de cette maladie ou prédisposées à celle-ci. Portant sur une grande variété de sujets en lien avec la vitamine D, ces recommandations abordent notamment la question des affections concomitantes et celle de la toxicité associée à la supplémentation en vitamine D. Parmi les étapes marquantes de l’année 2018 figure aussi l’approbation au Canada de l’ocrélizumab comme premier médicament pour le traitement de la SP progressive primaire. Dans le contexte de la SP, l’ocrélizumab agit comme un immunomodulateur : il se lie aux lymphocytes B (type de globules blancs) potentiellement nocifs et provoque la destruction de ces cellules. Pour en savoir plus sur le mode d’action de l’ocrélizumab, vous pouvez cliquer ici et consulter la foire aux questions relative à ce produit. La présentation fournie ci-dessous illustre les autres étapes clés franchies au cours de l’année dans le domaine de la recherche :

    En résumé : ce qui s’est passé en 2018

    Par ailleurs, les annonces importantes faites par la Société de la SP en 2018 ont suscité beaucoup d’espoir quant à l’avenir de la recherche en SP. Notre organisme a notamment annoncé un investissement de cinq millions de dollars destiné à financer un essai clinique multicentrique international dont les auteurs auront pour objectif de vérifier si la réadaptation cognitive et l’exercice aérobique peuvent améliorer les fonctions cognitives des personnes atteintes d’une forme progressive de SP. Suivant les résultats de cette étude, les personnes qui sont aux prises avec des troubles cognitifs liés à la SP progressive pourraient disposer d’une nouvelle option thérapeutique. Nous avons aussi annoncé le résultat du processus de sélection de l’équipe de recherche qui mènera l’étude de cohorte canadienne relative à la progression de la SP, baptisée CanProCo (Canadian Proactive Cohort Study for People Living with MS). La société Biogen est l’un de nos partenaires qui contribuent à la mise en œuvre et au financement de cette étude de cohorte.

    En 2018, la Société de la SP a investi des fonds dans près de 70 études. Alors que la recherche sur le remède contre la sclérose en plaques se poursuit, notre organisme maintient son engagement à financer des études qui enrichiront nos connaissances sur la sclérose en plaques et permettront d’améliorer la qualité de vie des personnes aux prises avec cette maladie.

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  • Qu’entend-on par mener une « étude de cohorte »

    14 décembre 2018

    Depuis quelque temps, la Société de la SP utilise souvent l’expression « étude de cohorte ». Peut-être avez-vous déjà consulté l’information que nous avons diffusée sur notre page Web consacrée aux Nouvelles récentes sur la recherche en SP, dans notre récent communiqué de presse et sur notre blogue au sujet de l’équipe de recherche qui sera chargée de mener l’étude de cohorte baptisée CanProCo (Canadian Proactive Cohort Study for People Living with MS). Cette entreprise a été rendue possible grâce à un partenariat financier établi entre la Société canadienne de la SP, Biogen et la Fondation Brain Canada, qui allouent collectivement plus de sept millions de dollars à l’étude de la progression de la SP au Canada. Or, qu’entend-on par « étude de cohorte »? En quoi une telle étude diffère-t-elle d’un essai clinique? Et quel est l’objectif de cette initiative de plusieurs millions de dollars?

    Le terme « cohorte » désigne un groupe de personnes qui sont liées d’une manière ou d’une autre. Par exemple, l’expression « cohorte de naissance » renvoie à un groupe de personnes nées durant une certaine période, telle une année donnée. Dans le cas qui nous intéresse, le terme « cohorte » est utilisé pour désigner un groupe de personnes atteintes de SP. Une étude de cohorte consiste en une étude observationnelle au cours de laquelle des chercheurs s’emploient à scruter une maladie en explorant de multiples facettes de celle-ci – tels les facteurs de risque, les traitements, les stratégies interventionnelles, etc. – auprès d’une population définie.

    C’est là que résident les différences entre une étude de cohorte et un essai clinique. Une étude dite clinique (ou essai clinique) relève de l’investigation, c’est-à-dire que ses auteurs suivent un protocole de traitement prédéterminé pour la maladie concernée tout en espérant que le traitement à l’étude sera efficace (comme c’est le cas lors d’un essai clinique portant sur un nouveau médicament). Une étude de cohorte consistera plutôt à collecter de l’information sur des méthodes thérapeutiques, des facteurs environnementaux ainsi que des attributs physiques et biologiques en vue de l’établissement d’un tableau global des facteurs qui contribuent à l’apparition d’une maladie. La plupart des essais cliniques sont axés sur les résultats que peut donner l’administration d’un agent thérapeutique chez des personnes atteintes d’une maladie, tels les taux de poussées, la progression de l’incapacité et l’activité de la maladie décelable à l’IRM dans le cas de la SP. Par ailleurs, les essais cliniques durent généralement moins longtemps que les études de cohorte. Dans le cadre d’une étude de cohorte consacrée à la SP, les chercheurs s’emploient à recueillir de l’information sur les effets des traitements ciblant la SP ainsi que sur une variété d’aspects de la maladie, allant de l’apparition de la SP jusqu’à l’état de santé des personnes atteintes de cette affection. Par exemple, nous savons que bon nombre des personnes ayant reçu un diagnostic de SP cyclique verront leur état évoluer vers la forme progressive secondaire de la SP au bout d’une période variant de dix à quinze ans suivant l’apparition de la maladie. Il importe donc de mieux comprendre les causes de la progression de la SP de sorte qu’il soit possible d’élaborer de nouveaux traitements en matière de prise en charge de cette maladie et, ultimement, de cerner l’information qui mènera à la mise au point d’un remède contre celle‑ci.

    Les études de cohorte menées actuellement sur la SP ont déjà fourni des éléments d’information essentiels qui guideront la recherche de demain et parmi lesquels figurent des renseignements sur la prévalence et l’incidence de la SP, des données démographiques ainsi que des données cliniques. Quant aux facteurs pouvant différer d’une étude de cohorte à une autre, citons la zone géographique, les critères de recrutement et les types de données à collecter.

    L’étude CanProCo permettra aux chercheurs d’observer pendant une période donnée une vaste population de personnes atteintes de SP qui vivent aux quatre coins du Canada, de recueillir des éléments d’information précis qui les aideront à déterminer les caractéristiques de la progression de la SP, et de comprendre les causes et les mécanismes sous-jacents à cette progression. Les chercheurs recueilleront et analyseront de nouvelles données au fil du temps et examineront également les données existantes sur la santé, ce qui fera de l’étude CanProCo une étude à la fois rétrospective et prospective. L’équipe de recherche a également établi une série de questions liées à la progression de la SP et relevant des trois volets de l’étude : neuro-imagerie, neuro-immunologie et neuro-épidémiologie/résultats en matière de santé. Ces questions s’articuleront autour des trois principaux axes de recherche suivants : 1) mécanismes sous-jacents à la progression de la SP (p. ex. comment la progression de la SP se manifeste-t-elle à l’échelle cellulaire et quels marqueurs biologiques peut-on utiliser pour en faire le suivi); 2) traitements/données concrètes (p. ex. quels sont les effets des traitements actuels contre la SP sur la progression de cette maladie et quel rôle le diagnostic précoce et l’autoprise en charge peuvent-ils jouer); et 3) impact (p. ex. quel est l’impact de la progression de la SP sur le système de santé, la société, l’économie et la qualité de vie des personnes qui sont atteintes de cette maladie). Pour répondre à ces questions de recherche, entre autres, les chercheurs devront recueillir différents types de données, notamment des données biologiques, des données d’imagerie et des données cliniques (symptômes et réponse au traitement), ainsi que des données sur le mode de vie, l’incapacité, le coût des soins de santé et d’autres aspects de la vie quotidienne et de la qualité de vie. Tous ces éléments d’information leur permettront de brosser un portrait global des répercussions physiques, émotionnelles, financières et sociales de la progression de la SP sur les personnes qui vivent avec cette maladie.

    Les résultats de l’étude CanProCo sont susceptibles d’influer sur les stratégies de traitement de la SP, sur l’établissement du diagnostic de SP, sur le mode de vie des personnes qui sont atteintes de SP et, globalement, sur la façon même dont on parle de la progression de cette maladie. En somme, il s’agit d’une quête de savoir très importante, qui pourrait enrichir considérablement le corpus de connaissances actuel sur la SP et sur sa progression.

    Pour en savoir plus sur l’étude de cohorte canadienne relative à la progression de la SP, veuillez consulter la page Web qui lui est consacrée. Vous pouvez aussi vous reporter à un article publié en ligne que j’ai cosigné et qui porte sur les études de cohorte consacrées à la SP.

     

    Références

     BEBO, B. et coll. « Landscape of MS patients cohorts and registries: Recommendations for maximizing impact », Mult Scler, 2017. [Publication en ligne avant impression]

    GLIKLICH, R. E. et N. A. Dreyer. Registries for evaluating patient outcomes: a user’s guide. Rockville, MD: U.S. Department of Health and Human Services, Agency for Healthcare Research and Quality, 2014.

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  • À propos de l’équipe de recherche chargée de l’étude CanProCo (Canadian Proactive Cohort Study for People Living with MS)

    Recruter 1 000 personnes atteintes de sclérose en plaques (SP) et dresser un tableau global des facteurs et des interactions qui contribuent à la progression de cette maladie – voilà quelques-unes des nombreuses tâches qui incombent à l’équipe de recherche chargée de mener l’étude canadienne sur la progression de la SP, baptisée CanProCo (Canadian Proactive Cohort Study for People Living with MS). Faisons maintenant connaissance avec les chercheurs de renommée mondiale à qui a été confié le mandat de former, au Canada, une cohorte de personnes atteintes de sclérose en plaques.

    L’étude CanProCo comportera les trois volets principaux suivants : neuro-imagerie, neuro-immunologie et neuro-épidémiologie/résultats en matière de santé. Les chercheurs présentés ci-après se consacreront à l’un de ces trois volets en fonction de leur domaine de compétences respectif.

    Neuro-imagerie

    Dr. Jiwon Oh Chercheuse principale de l’étude CanProCo, la Dre Jiwon Oh est professeure adjointe au sein du Département de neurologie de la Faculté de médecine de l’Université de Toronto, neurologue à l’Hôpital St. Michael’s et scientifique associée au Centre de recherche Keenan du Li Ka Shing Knowledge Institute. La Dre Oh se place en première ligne dans la lutte contre la SP en menant sans relâche des travaux de recherche novateurs consacrés à cette maladie. « Le fait que la recherche en SP évoluait et se développait rapidement m’a interpellée; les changements survenus dans ce domaine au cours de la dernière décennie se sont traduits par des retombées concrètes pour les personnes atteintes de SP », explique la Dre Oh. En plus de superviser l’étude CanProCo, la Dre Oh dirigera aux côtés de deux autres chercheurs les travaux de cette initiative qui feront appel à la neuro-imagerie. Le recours à cette technologie permettra de dépister les altérations microstructurales du cerveau et de la moelle épinière associées à l’apparition et à l’évolution de la SP. Le volet imagerie de l’étude sera codirigé par Mme Shannon Kolind, Ph. D., et M. Roger Tam, Ph. D. Professeure adjointe à la Faculté de médecine de l’Université de la Colombie-Britannique, Mme Kolind a entendu parler de la sclérose en plaques pour la première fois lorsque son grand-père a reçu un diagnostic de SP, à une époque où les neurologues n’avaient pas encore accès à l’imagerie par résonance magnétique (IRM). M. Tam est professeur agrégé de radiologie à l’Université de la Colombie-Britannique. « Je m’intéresse à l’imagerie médicale depuis de nombreuses années. Cette technologie constitue, selon moi, un outil essentiel en ce qui a trait à la recherche sur la SP et aux soins cliniques axés sur cette maladie », précise M. Tam. « Le perfectionnement des techniques d’imagerie, l’élaboration de traitements prometteurs et les progrès réalisés récemment en matière d’apprentissage automatique constituent des avancées qui m’inspirent au plus haut point. »

    Neuro-immunologie

    Le Dr Alexandre Prat supervisera, quant à lui, le volet de l’étude qui relèvera de la neuro-immunologie. Le Dr Prat est professeur agrégé et neurologue au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) ainsi que professeur de neurosciences à l’Université de Montréal. L’objectif du volet neuro-immunologie de l’étude de cohorte consistera essentiellement à déterminer les facteurs biologiques et les biomarqueurs qui pourraient être associés à l’apparition et au rythme de progression de la SP. Pourquoi faire participer à cette étude des gens qui vivent avec la SP? « Leur participation nous aidera à comprendre ce qui amène la SP à évoluer vers une forme progressive », répond le Dr Prat. « Nous parviendrons à élucider cette question seulement en étudiant tous les aspects de la SP, soit en abordant celle-ci sous divers angles – tels les facteurs environnementaux, la démographie, la biologie, la radiologie et les réponses aux traitements », ajoute-t-il. « Il va sans dire que ce sont mes patients et mon désir d’améliorer leur qualité de vie qui sont mes principales sources d’inspiration et qui m’incitent à faire progresser la recherche sur la SP. »

     

    Neuro-épidémiologie/résultats en matière de santé

     

    Le volet de l’étude CanProCo axé sur la neuro-épidémiologie et les résultats en matière de santé sera codirigé par M. Larry Lynd, Ph. D, le Dr Scott Patten et le Dr Anthony Traboulsee. Les chercheurs qui participeront à ce volet auront pour objectif de cerner les facteurs qui sont associés à l’apparition de la SP et au rythme de progression de cette maladie, y compris des facteurs environnementaux, les maladies concomitantes (affections coexistant avec la SP), les caractéristiques des personnes qui ont la SP, de même que des facteurs relevant du système de santé. Cette équipe de recherche s’intéressera aussi aux répercussions économiques de la progression de la SP sur le système de santé canadien ainsi qu’à la façon dont le fardeau lié à l’évolution de la SP varie selon les caractéristiques des personnes atteintes de cette maladie. Professeur à la Faculté des sciences pharmaceutiques de l’Université de la Colombie-Britannique et directeur du centre de recherche CORE (Collaboration for Outcomes Research and Evaluation), M. Lynd affirme que « l’étude CanProCo procure une occasion sans précédent d’établir un lien entre, d’une part, des données issues de l’épidémiologie, de la pratique clinique, de l’imagerie et de la neuro-immunologie, et, d’autre part, un processus de modélisation prédictive. La collaboration et les échanges que cette étude impliquera entre épidémiologistes, biostatisticiens, cliniciens, experts en imagerie et neuro-immunologistes permettront d’obtenir des données probantes grâce auxquelles il sera possible de prédire, ou même idéalement de prévenir la progression de la SP ». Au sujet de l’importance de la participation des personnes atteintes de SP, le Dr Patten, professeur à l’École de médecine Cumming de l’Université de Calgary, tient les propos suivants : « Aucun des objectifs scientifiques établis dans le cadre de l’étude CanProCo ne pourrait être atteint sans le concours des personnes vivant avec la SP. Il est possible que les résultats de cette étude aient sur les politiques et pratiques actuellement en vigueur une incidence qui s’avérera, à court terme, bénéfique pour les gens aux prises avec la SP. » Le Dr Traboulsee, professeur à la Faculté de médecine (Département de neurologie) de l’Université de la Colombie-Britannique, ajoute qu’« il est très gratifiant de constater l’impact positif de la recherche et des soins parmi les personnes atteintes de SP qui font l’objet d’un suivi clinique ». Selon lui, les données issues de l’étude de cohorte constitueront des arguments convaincants qui viendront « appuyer la nécessité d’élaborer des ressources au profit des gens qui vivent avec la SP ».

     

    Tout comme leurs nombreux collaborateurs, les chercheurs de renommée internationale dont il a été ici question ont pris la décision de participer à l’étude CanProCo en vue de changer le cours des choses pour les personnes touchées par la SP. « Les connaissances qui découleront de cette étude nous permettront de comprendre les raisons et les mécanismes sous-jacents de la progression de la SP, ce qui ouvrira la voie à la mise au point de traitements améliorés et à l’élaboration de stratégies de prise en charge visant à ralentir et à prévenir la progression de cette maladie. Tous ces efforts se traduiront ultimement par l’amélioration de la qualité de vie des personnes atteintes de SP, que celles-ci résident au Canada ou ailleurs dans le monde », conclut la Dre Oh.

    Pour en savoir plus sur l’étude de cohorte CanProCo et les chercheurs qui y prendront part, veuillez consulter la page Web consacrée à cette importante initiative de recherche.

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  • Vivre au jour le jour

    14 novembre 2018

    Les recommandations de la Société canadienne de la sclérose en plaques relatives à la vitamine D procurent de l’information générale sur la vitamine D, les sources de vitamine D, l’absorption de ce nutriment dans l’organisme, et la façon d’en mesurer le taux. Ces recommandations sont susceptibles d’aider les gens qui vivent avec la SP et les personnes qui sont à risque de SP, comme Marie-Ève, à prendre des décisions éclairées sur leur santé.

    En 2003, le jour du 8e anniversaire de Marie-Ève, sa mère, Sylvie, a reçu un diagnostic de sclérose en plaques cyclique (poussées-rémissions). À cette époque, on en savait encore peu sur le traitement de cette maladie.

    Marie-Ève ne connaissait pas vraiment la sclérose en plaques au moment du diagnostic. Elle a donc découvert la nature de celle-ci au fur et à mesure de l’apparition des symptômes. À un jeune âge, elle et son frère ont compris qu’ils devraient apporter de l’aide et du soutien à leur mère dans les tâches domestiques.

    L’appui que reçoit Sylvie de ses amis et de son conjoint lui permet de mieux vivre avec la maladie dont elle est atteinte. Malgré cela, elle a eu plusieurs deuils à faire, dont celui de recourir à une canne pour se déplacer et de ne plus être en mesure de faire des marches. Dernièrement, elle s’est aussi vue contrainte de prendre sa retraite, à l’âge de 53 ans, malgré le soutien considérable que lui offraient sa patronne et ses collègues. Elle a pris cette décision, car elle avait de la difficulté à se rendre au bureau, spécialement en hiver, puisqu’elle habite dans une région où cette saison ce manifeste de façon très rigoureuse.

    Marie-Ève a appris à accepter la maladie dont sa mère est atteinte en participant aux camps de vacances SP. Elle y a pris part pour la première fois à l’âge de 12 ans. C’est dans ces lieux de rencontre où des enfants ayant un parent atteint de SP peuvent parler de leur situation et participer à des activités que Marie-Ève a pu apprivoiser davantage la SP. Elle a eu accès à plusieurs ressources qui l’ont aidée à mieux composer avec la SP et qui lui ont permis de discuter et de créer des liens avec des jeunes vivant la même chose qu’elle. Selon Marie-Ève, il s’agit de la première étape qui l’a amenée vers l’acception.

    Marie-Ève s’implique comme bénévole auprès de la Société de la SP dans plusieurs activités depuis que sa mère sait qu’elle a la SP. Elle a quitté sa ville natale il y a cinq ans pour entrer à l’université, et elle travaille maintenant dans le domaine des communications. Quant à son frère, il est actuellement au Saguenay, où il poursuit ses études. Sa mère et son père demeurent toujours dans sa ville d’origine, à Chibougamau, à environ sept heures et demie de route de son domicile, à Montréal. Malgré la distance, sa famille tente de se réunir le plus souvent possible et communique couramment par téléphone, ce qui permet à tous les membres d’entretenir les liens et de s’apporter un soutien moral constant.

    « Je suis loin de ma mère, donc j’essaie d’aider autrement, à ma façon, en m’impliquant auprès de la Société de la SP. Mes parents sont fiers de moi et de mon frère, qui sommes partis étudier et vivre nos rêves à distance. Chibougamau, ma ville natale, est une petite ville de 7 000 habitants. Les occasions d’emploi sont limitées, et nous n’aurions pas pu entamer nos carrières et aller à l’université là-bas, et mes parents le savaient. »

    Pour Marie-Ève, la recherche est cruciale, car elle lui donne l’espoir qu’un jour, l’état de sa mère et de toutes les personnes atteintes de SP s’améliorera. Selon elle, chaque nouvelle piste de découverte nous rapproche d’un remède contre la SP, et chaque étape franchie est importante et donne le courage de continuer à soutenir la cause. Marie-Ève est par ailleurs prête à suivre toutes les recommandations qui lui permettraient de réduire le risque qu’elle présente d’être atteinte de cette maladie.

    À cet effet, les résultats de certains travaux de recherche suggèrent que toute personne ayant ou non un proche atteint de SP peut réduire le risque associé à la SP en s’assurant un apport quotidien suffisant en vitamine D. La Société canadienne de la sclérose en plaques a réuni un groupe de spécialistes ainsi qu’une personne atteinte de SP afin de réaliser un document de recommandations à l’intention des personnes atteintes de SP ou qui présentent un risque de SP quant aux doses quotidiennes de vitamine D et à la mesure des taux sanguins de vitamine D.

    Ainsi, Marie-Ève compte discuter avec son médecin du contrôle de son taux de vitamine D et intégrer à son alimentation des poissons gras, tels le saumon et le maquereau, le jaune d’œuf, des aliments enrichis de vitamine D, comme le lait de vache, la margarine, le lait d’amande et le jus d’orange, de même que des suppléments.

    « Bien sûr, il s’agit de recommandations. Il y a encore beaucoup d’incertitude autour de la maladie. À ce jour, la science n’a pas fait la lumière sur les causes exactes de la SP. L’incertitude fait donc partie intégrante de cette maladie. Tout en gardant espoir qu’un jour les chercheurs trouveront un remède, on apprend à vivre au jour le jour avec la situation de ma mère; on va en camping, on voyage, on profite des moments passés avec elle et on s’adapte en fonction de ses limites. À mon avis, il s’agit de la meilleure façon de vivre », conclut Marie-Ève.

    Pour en apprendre davantage sur la vitamine D et la recherche en SP, veuillez consulter la page sujets d’actualité en cliquant ici.

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  • Guten Tag! La semaine prochaine, l’équipe de la recherche sera en direct de Berlin, en Allemagne, où se tiendra le plus grand rassemblement du monde consacré à la SP

    11 octobre 2018

    L’équipe de la recherche de la Société canadienne de la SP se prépare à survoler l’Atlantique pour se rendre dans la merveilleuse ville de Berlin, en Allemagne, où se déroulera le 34e congrès de l’ECTRIMS (comité européen pour le traitement et la recherche dans le domaine de la sclérose en plaques), du 10 au 12 octobre 2018.

    Des milliers de participants du monde entier assisteront à cet événement, au cours duquel on parlera des plus récentes avancées dans le domaine de la recherche sur la sclérose en plaques (SP). Parmi les thèmes qui seront abordés figurent la SP pédiatrique, les essais cliniques, l’immunologie, la neurodégénérescence, les nouvelles technologies et le suivi des traitements, pour n’en citer que quelques-uns. Des résumés de recherche triés sur le volet seront proposés tout au long de la semaine lors de présentations par affiches (exposition de données issues de travaux de recherche, donnant lieu à des discussions entre pairs) et de séances scientifiques (présentations effectuée devant des assemblées nombreuses). Seront également offerts des  ateliers devant public restreint et des séances d’information à l’intention du personnel infirmier, de neurologues en début de carrière et des médias.

    Ce congrès constitue la plateforme idéale pour les nouvelles de dernière heure dans le domaine de la recherche en SP et des traitements, et il procurer aux chercheurs, cliniciens et stagiaires l’occasion de faire connaître les travaux les plus impressionnants réalisés dans leur laboratoire. Restez à l’affût!

    Les membres de l’équipe de la recherche seront sur place pour rendre compte en direct de toutes les nouvelles qui pourraient vous intéresser. Suivez-les sur Twitter (@Dr_KarenLee), Facebook (Multiple Sclerosis Society of Canada), et Instagram (@mssocietycanada), de même que sur notre blogue. Ils sont impatients de vous faire part des derniers progrès de la recherche en SP, de vous parler des chercheurs que nous soutenons et de vous présenter des entrevues avec certains d’entre eux.

    Consultez le programme scientifique du congrès et dites-nous ce qui vous intéresse.

    La semaine prochaine, l’équipe de la recherche sera à Berlin!

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  • Améliorer la fonction cognitive en présence de SP : un chercheur veut changer le cours des choses pour les personnes atteintes de SP progressive

    18 septembre 2018

    Les troubles cognitifs, qui constituent une priorité pour la Société canadienne de la SP, touchent bon nombre de personnes aux prises avec la SP.

    La sclérose en plaques (SP) peut entraîner une diminution du volume du cerveau (atrophie cérébrale). Des études ont démontré que ce phénomène, de même que les lésions associées à la SP, était lié aux troubles cognitifs. Ces derniers touchent jusqu’à 70 p. 100 des personnes atteintes de SP progressive; ils influent principalement sur le traitement de l’information et la vitesse de ce processus, l’apprentissage, la mémoire, les fonctions exécutives et la perception. Les personnes atteintes de SP ont par ailleurs déjà exprimé que les troubles cognitifs étaient un sujet de préoccupation sur lequel il fallait se pencher.

    Il y a cinq ans, j’ai parcouru le pays et sollicité les commentaires des membres de la collectivité de la SP (chercheurs, proches aidants, personnes atteintes de SP) afin de cerner les sphères de recherche qui comptaient pour eux — la fonction cognitive et la santé mentale en faisaient partie!

    La bonne nouvelle? Des données probantes montrent que la réadaptation cognitive peut contribuer à l’amélioration des fonctions cognitives.

    Réadaptation cognitive 

    Il importe de mettre au point des traitements efficaces de réadaptation cognitive au profit des personnes atteintes de SP. Ce type d’intervention a pour but l’amélioration de la capacité d’une personne à traiter et à interpréter l’information qu’elle reçoit, de même que sa capacité à fonctionner au sein de sa famille et de la société. Quelques études ont déjà permis l’évaluation de stratégies de réadaptation cognitive qui avaient pour objectif l’amélioration de diverses fonctions cognitives, notamment la mémoire, la communication et l’attention.

    Bien que d’importants progrès aient été réalisés au chapitre du traitement des troubles cognitifs, les travaux de recherche doivent se poursuivent. De nombreuses études ne comportent pas de groupe témoin (auquel on n’administre pas le traitement à l’étude), n’ont pas la taille suffisante pour que des conclusions adéquates puissent être tirées des interventions, ou se limitent à la population générale de personnes atteintes de SP (toutes formes de SP confondues) ou portent uniquement sur la SP cyclique.

    Cognition et exercice

    Parmi les interventions prometteuses qui pourraient contribuer à l’amélioration des fonctions cognitives figure l’activité physique. On a longtemps conseillé aux personnes qui vivaient avec la SP d’éviter tout effort physique, de crainte de voir leur état s’aggraver. Or, au cours des dernières décennies, des études ont révélé qu’une augmentation de l’activité physique était extrêmement bénéfique pour les personnes qui vivent avec la SP. C’est pourquoi la collectivité de la SP fait maintenant la promotion de ce genre d’activité auprès de ses membres. Il est clair que les effets bénéfiques de l’activité physique et de l’exercice sur la santé du cerveau peuvent favoriser le maintien de l’autonomie, rehausser la qualité de vie et améliorer les fonctions cognitives.

    Les effets de l’activité physique sur les fonctions cognitives ont toutefois été principalement évalués auprès de personnes atteintes de SP cyclique. De plus, des interventions misant sur divers types d’exercices ont abouti à des résultats mitigés sur la cognition, ce qui pourrait s’expliquer par les différentes méthodologies employées (types d’exercices, intensité, fréquence et durée du programme) d’une étude à l’autre. Des essais comparatifs à répartition aléatoire portant sur des échantillons plus vastes que ceux auxquels on a eu recours jusqu’à présent, qui s’étendent sur des périodes plus longues et qui incluent des évaluations plus détaillées que lors des études précédentes, doivent donc être réalisés pour qu’on soit en mesure d’évaluer le rôle de l’activité physique sur les fonctions cognitives.

    En outre, en ce qui concerne la réadaptation en SP, comme une intervention unique pourrait ne pas être efficace pour favoriser l’atténuation des symptômes, des approches synergiques sont nécessaires. Par conséquent, des stratégies qui combinent deux interventions, comme la réadaptation cognitive et l’activité physique, pourraient entraîner les améliorations les plus marquées chez les personnes atteintes de SP.

    Des travaux de recherche financés par la Société de la SP visent l’amélioration des fonctions cognitives grâce à la combinaison de la réadaptation cognitive et de l’activité physique

    Nous avons récemment annoncé notre soutien à un projet de cinq millions de dollars grâce auquel des chercheurs tenteront de déterminer si la réadaptation cognitive, l’activité physique, ou une approche combinant ces deux interventions pourraient contribuer à l’amélioration des fonctions cognitives chez des personnes atteintes de SP progressive. Cette étude clinique est la première du genre à porter sur un vaste échantillon de personnes et à faire intervenir plusieurs pays. Elle pourrait permettre de déterminer la meilleure approche de traitement des troubles cognitifs chez les personnes ayant reçu un diagnostic de SP progressive.

    Le chercheur à la tête des travaux visant l’amélioration des fonctions cognitives chez les personnes atteintes de SP progressive

     Le chercheur à la tête de ce projet d’envergure sur l’amélioration des fonctions cognitives au moyen d’un vaste essai clinique à répartition aléatoire est le Dr Anthony Feinstein. Le Dr Feinstein est neuropsychiatre et chercheur agrégé au Centre des sciences de la santé Sunnybrook. Il est également professeur de psychiatrie à l’Université de Toronto.

    Il étudie depuis 26 ans les troubles du comportement dans le contexte de la SP et dirige une clinique très achalandée dont plus de 80 p. 100 des patients sont atteints de cette maladie. Ses travaux reposent notamment sur la réalisation de tests neuropsychologiques détaillés, le recours à l’imagerie cérébrale (structurelle et fonctionnelle) et la quantification des symptômes liés à l’humeur. Récemment, il a entrepris une série d’études ayant pour objet les effets potentiels du cannabis sur la fonction cognitive et les résultats d’imagerie du cerveau chez des personnes atteintes de SP. La Société de la SP finance actuellement deux études dirigées par le Dr Feinstein, soit celle sur l’amélioration des fonctions cognitives, et une autre sur les effets du cannabis sur la cognition.

    Questions et réponses avec le Dr Feinstein

    Qu’est-ce qui vous a amenée à vous intéresser à la recherche sur la SP? Qu’est-ce qui vous incite à poursuivre des travaux dans ce domaine?

    Je me suis d’abord intéressé à la recherche sur la SP après ma résidence à Londres. J’ai consacré ma thèse de doctorat à la détection des difficultés cognitives chez les personnes atteintes de SP et à la mise en corrélation de clichés d’IRM du cerveau avec les troubles de la cognition. Ce domaine de recherche en était alors à ses balbutiements, et très peu d’articles avaient été publiés sur ces questions. Après avoir obtenu mon doctorat, j’ai poursuivi mes travaux sur la SP. En fait, je peux affirmer que c’est durant mes études doctorales que s’est affirmé mon intérêt pour cette maladie et ses conséquences sur le comportement.

    Je continue de m’investir activement dans la recherche, car il y a encore beaucoup de questions qui demeurent sans réponse. La SP est une maladie fascinante à étudier, et nous avons encore énormément de choses à apprendre au sujet de ses multiples effets sur le comportement. Aujourd’hui, toutefois, nous en savons beaucoup plus qu’à mes débuts dans le domaine, et les avancées technologiques continuent de repousser les limites de la recherche, ce qui permet d’améliorer les soins aux patients.

     Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans la recherche et quels sont les plus grands défis auxquels vous faites face?

    J’aime plus que tout le côté innovateur de la recherche. La réplication des résultats de recherche est bien entendu importante, voire essentielle, mais je trouve très gratifiant d’obtenir de nouveaux résultats susceptibles d’améliorer la qualité des soins dispensés aux patients. Les plus grands défis concernent, d’une part, l’obtention de financement dans un milieu où la concurrence entre chercheurs ne cesse de croître et, d’autre part, la rétention de jeunes chercheurs brillants au sein de mon équipe en raison des possibilités financières et professionnelles plus intéressantes qui leur sont souvent offertes ailleurs.

    Quelle importance accordez-vous à la collaboration et dans quelle mesure y avez-vous recours dans le cadre de vos travaux de recherche?

    La collaboration est essentielle à mes activités de recherche. Tout d’abord, je ne pourrais pas mener mes travaux de recherche sans entretenir de bonnes relations avec mes collègues neurologues, qui orientent certains de leurs patients vers ma clinique aux fins de traitement et de recherche. Je collabore également avec des spécialistes de la neuroimagerie et de la neuropsychologie et, plus récemment, des experts en génie. Cette coopération contribue grandement au succès de mes travaux.

    Dans quelle mesure le soutien fourni par la Société canadienne de la SP vous permet-il de mener à bien vos travaux de recherche?

    Le soutien que m’apporte la Société canadienne de la SP est essentiel au succès de mes travaux de recherche. La Société de la SP a financé des études que j’ai consacrées à la mise en corrélation de clichés d’IRM avec la dépression et d’autres qui été axées sur l’élaboration de tests automatisés permettant d’évaluer la fonction cognitive chez les personnes atteintes de SP. Le soutien financier de la Société de la SP m’a aussi permis d’entreprendre une série d’études sur l’altération de la fonction cognitive et les changements observés sur les clichés d’imagerie chez les utilisateurs de cannabis atteints de SP, divers travaux consacrés à la prévalence et à la portée clinique du syndrome pseudobulbaire et aux troubles cognitifs associés à celui-ci dans le contexte de la SP, et, plus récemment, une vaste étude multicentrique sur la réadaptation cognitive et l’exercice chez les personnes atteintes de SP progressive.

    Vous aimeriez en savoir plus sur cet essai clinique?

    Reportez-vous à la foire aux questions, au communiqué de presse et aux nouvelles récentes sur la SP qui y ont été consacrés. Vous pouvez aussi consulter la page Facebook de la Société de la SP le jeudi 20 septembre prochain, à 13 h, pour assister à une période de questions et réponses en direct avec le Dr Anthony Feinstein.

     

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