• Alimentation et SP : que ressort-il des travaux de recherche sur les suppléments?

    19 octobre 2017
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    Les gens me demandent souvent s’il y a des suppléments qu’ils peuvent utiliser pour prendre en charge la SP. Compte tenu du retentissement de cette maladie sur le quotidien des personnes qui en sont atteintes, il n’est pas surprenant que bon nombre d’entre elles fassent l’essai de traitements complémentaires et parallèles (TCP). Les TCP, qui relèvent de pratiques et de traditions médicales diverses, englobent l’exercice, les produits de santé naturels, les suppléments et les vitamines. Ils ne contribuent pas seulement à la prise en charge de la SP : ils sont également utilisés par les Canadiens pour améliorer leur bien-être de manière générale.

    Diverses études de petite envergure ont porté sur la place des TCP dans la prise en charge de la SP, mais les effets de ces traitements demeurent incertains. L’un des axes de recherche sur lesquels les chercheurs se penchent de plus en plus est la possibilité d’utiliser les suppléments comme traitement. Je vais évoquer dans le présent billet trois suppléments qui suscitent depuis peu un vif intérêt au sein de la communauté de la recherche sur la SP : la vitamine D, la biotine et l’acide lipoïque.

    La vitamine D

    La vitamine D est devenue un sujet d’actualité brûlante dans le domaine de la SP. Elle est surnommée « la vitamine du soleil » parce qu’elle est produite par la peau lors de l’exposition au soleil. Cela dit, on en trouve également dans l’alimentation (œufs, poisson et produits laitiers enrichis) et sous forme de supplément. La vitamine D aide l’organisme à absorber certains nutriments, en particulier le calcium. Les autres effets bénéfiques sur la santé qu’on lui prête sont étudiés depuis peu.

    Alors, comment les chercheurs ont-ils fait le lien entre la vitamine D et la SP? Sachant que la SP est plus fréquente dans les pays qui sont loin de l’équateur, les chercheurs se sont intéressés au rôle que la lumière du soleil, et par conséquent la vitamine D, pourrait jouer dans la SP.

    À ce stade, ils n’ont pas encore fait toute la lumière sur l’association entre vitamine D et SP : diverses équipes de recherche partout dans le monde sont encore en train d’évaluer le rôle de la vitamine D dans l’apparition, l’évolution et le traitement de la SP.

    Que ressort-il des études menées à ce jour?

    Ces dernières années, des études d’observation réalisées auprès de personnes atteintes de SP ont montré que la carence en vitamine D est liée à un risque accru de cette maladie. Selon une vaste étude menée auprès de 200 000 femmes ayant participé à la Nurse’s Health Study, la prise de 400 unités internationales (UI; unité de mesure de la puissance ou de l’activité biologique d’un produit) de vitamine D par jour est associée à une diminution de 40 % du risque de SP. Une autre étude prospective a révélé que plus le taux sanguin de vitamine D est élevé à la fin de l’adolescence ou au début de l’âge adulte, plus le risque de SP s’affaiblit par la suite.

    Il semble bel et bien y avoir une association entre le taux sanguin de vitamine D et le risque de SP; en revanche, rien n’indique clairement si la prise de suppléments de vitamine D est susceptible d’améliorer les paramètres d’évaluation de la SP chez les personnes qui vivent avec cette maladie. Les essais cliniques qui visaient à comparer le traitement par la vitamine D à un placebo, ou un traitement par la vitamine D à forte dose à un traitement par la vitamine D à faible dose, n’ont pas mis en évidence d’effets significatifs de cette vitamine en matière d’amélioration de l’issue de la SP. Cela dit, d’autres études ont montré que le traitement par la vitamine D a des effets positifs légers sur divers paramètres d’évaluation de la maladie, tels que la taille des lésions et l’activité du système immunitaire.

    L’une des principales études en cours sur la vitamine D est menée par la Dre Ellen Mowry, de l’Université Johns Hopkins. Cet essai clinique de phase III, pour lequel la Dre Mowry prévoit recruter 172 personnes atteintes de SP cyclique, a pour but d’examiner si l’administration de fortes doses de vitamine D influe sur le nombre de poussées, comparativement à l’administration de faibles doses de cette vitamine. Un autre essai clinique de phase III, dont on prévoit qu’il sera mené auprès de 316 participants et qui sera dirigé par le Dr Éric Thouvenot du Centre Hospitalier Universitaire de Nîmes, vise à évaluer si l’administration de vitamine D réduit le taux d’évolution vers la SP chez des sujets ayant subi des symptômes avant-coureurs de la SP, comparativement à celle d’un placebo.

    Outre ces deux pistes de recherche majeures en cours d’évaluation, il y a eu quelques études qui ont donné des résultats contradictoires. L’étude SOLAR, à laquelle ont pris part 260 personnes atteintes de SP cyclique, a été conçue pour comparer les effets des suppléments de vitamine D utilisés comme traitement d’appoint à l’interféron bêta-1a (Rebif) sur les paramètres d’évaluation de la SP à ceux d’un placebo. Les données obtenues à ce jour n’indiquent aucun effet significatif des suppléments de vitamine D sur les poussées, l’activité de la maladie ou les incapacités, si ce n’est que le nombre de lésions mises en évidence par IRM était plus faible chez les participants qui ont reçu la vitamine D que chez ceux qui étaient sous placebo. D’après une autre étude de petite envergure menée auprès de 40 personnes atteintes de SP cyclique, la prise de 10 400 UI de vitamine D par jour pendant six mois réduit le nombre de certaines cellules immunitaires dont on sait qu’elles provoquent des lésions chez les personnes atteintes de SP.

    Pour vous renseigner sur d’autres études sur la vitamine D et la SP, visitez la section « Vitamine D » de notre page « Sujets d’actualité ».

    La biotine/MD1003

    La biotine (aussi appelée « vitamine B7 » ou « vitamine H ») joue un rôle essentiel dans la transformation des protéines, des glucides et des lipides en des substances assimilables par l’organisme. La biotine, qui provient d’aliments tels que les œufs, les amandes, les noix et les légumes, est essentielle à la santé de la peau, des cheveux, des yeux et du foie, ainsi qu’au bon fonctionnement du système nerveux. Comme la carence en biotine est fréquente chez les femmes enceintes, on leur conseille souvent de prendre de la biotine ou des multivitamines qui en contiennent.

    La biotine retient désormais l’attention de la collectivité de la SP parce qu’elle a franchi les premières étapes de son programme de développement clinique et qu’elle fait maintenant l’objet d’essais cliniques de phase III parrainés par l’entreprise pharmaceutique française MedDay. Il est intéressant de noter que cette dernière évalue plus précisément une nouvelle préparation pharmaceutique de biotine dont la dose est 10 000 fois plus élevée que celle des préparations en vente libre. Le composé en question s’appelle « MD1003 ».

    Que ressort-il des études menées à ce jour?

    Le premier des deux essais cliniques parrainés par MedDay est une étude de phase III comparative avec placebo, à double insu et à répartition aléatoire, appelée « MS-SPI ». Cette étude a été menée auprès de 154 personnes atteintes de SP progressive primaire ou secondaire qui ont reçu le MD1003 ou un placebo pendant deux ans. Les chercheurs ont constaté que le traitement par le MD1003 avait significativement atténué les incapacités liées à la SP, comparativement au placebo.

    Le deuxième essai clinique de phase III parrainé par MedDay (étude SPI2), qui est en cours, a pour but de comparer le traitement par le MD1003 à un placebo. Le recrutement se poursuit actuellement dans de nombreux pays, y compris le Canada, et selon les estimations, il devrait aboutir à l’admission de 600 participants atteints de SP progressive primaire ou secondaire. L’étude SPI2 a été lancée à la suite d’une demande de la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis, qui exigeait la réalisation d’une étude au sein de la population américaine. Cette étude internationale permettra non seulement de confirmer les résultats de l’étude MS-SPI, mais également d’évaluer des paramètres additionnels relatifs à l’efficacité et à l’innocuité du MD1003.

    Le MD1003 fait également l’objet d’un essai clinique de phase III, l’étude MS-ON, qui vise à déterminer s’il peut améliorer l’acuité visuelle de personnes en proie à une perte de la vision secondaire à une névrite optique liée à la SP.

    Bien que la biotine administrée à de faibles doses soit considérée comme une vitamine, il importe que nous en apprenions davantage sur l’innocuité et l’efficacité à long terme de tout traitement consistant en l’administration de cette substance à de très fortes doses sur une période prolongée.

    L’acide lipoïque

    L’acide lipoïque est un supplément en vente libre réputé pour ses propriétés antioxydantes. Les antioxydants bloquent l’activité des « radicaux libres », soit des substances intermédiaires qui provoquent des lésions tissulaires dans le cas de la SP. Outre qu’il peut être pris sous forme de supplément, l’acide lipoïque se trouve dans certains aliments, comme les épinards, le brocoli et les pommes de terre.

    Le potentiel que recèlent plusieurs antioxydants, y compris l’acide lipoïque, dans le contexte du traitement de la SP est évalué dans le cadre de plusieurs études comparatives.

    Que ressort-il des études menées à ce jour?

    Les travaux de recherche sur la place de l’acide lipoïque dans l’algorithme de traitement de la SP n’en sont qu’à leurs débuts; toutefois, quelques essais cliniques de petite envergure, principalement des essais de phases I et II, ont déjà été réalisés afin d’évaluer l’efficacité et l’innocuité de cet acide chez les personnes atteintes de SP.

    Par exemple, le Dr Daniel Carr, du Veteran Affairs Medical Center de Portland et de l’Oregon Health & Science University, a mené un essai clinique de phase I dans un seul centre d’étude auprès de 69 participants (personnes atteintes de SP progressive secondaire ou de SP cyclique et sujets en bonne santé), en vue d’observer les mécanismes de dégradation de l’acide lipoïque (1 200 mg) dans l’organisme.

    À la suite de cette étude, la Dre Rebecca Spain et ses collègues de l’Oregon Health and Science University ont réalisé une étude de phase II unicentrique et à double insu auprès de 51 sujets qui ont reçu de l’acide lipoïque (1 200 mg) ou un placebo tous les jours, par voie orale, pendant deux ans. Les résultats de cette étude indiquent une diminution du taux d’atrophie cérébrale de 68 p. 100 chez les participants à qui l’acide lipoïque a été administré, comparativement aux personnes ayant reçu le placebo.

    Enfin, un autre essai de phase II dirigé par le Dr Daniel Carr, qui a pris fin cette année, avait pour but de déterminer si l’association d’acide lipoïque et d’acides gras oméga-3 améliore la fonction cognitive de patients atteints de SP cyclique ou de SP progressive secondaire, comparativement à un placebo. Jusqu’ici, les résultats obtenus n’ont mis en évidence aucune variation de la fonction cognitive de ces personnes après 12 semaines de traitement.

    S’il est vrai que les travaux de recherche actuels laissent entrevoir des résultats prometteurs chez les personnes atteintes de SP qui prennent des suppléments dans le cadre de leur traitement, il est toutefois important de noter que ces études sont de petite envergure et qu’il ne s’agit là que de points de départ – même s’ils sont d’une importance cruciale – pour d’autres études de plus grande envergure. En fait, les essais cliniques tels que ceux qui ont été décrits ici ouvrent de nouvelles pistes importantes permettant de mieux comprendre les bienfaits et l’innocuité des suppléments dans le traitement de la SP, en particulier ceux qui sont administrés à forte dose. Rappelons que vous devez absolument discuter des options thérapeutiques qui sont à votre disposition avec votre équipe de soins de santé, puisque le traitement approprié sera choisi en fonction d’un certain nombre de facteurs.

    Vous désirez en savoir plus sur l’alimentation, les suppléments et les autres TCP? N’hésitez pas à nous laisser un message ci-dessous.

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  • Minocycline et SP : le traitement de Jill et sa vie sans SP

    18 octobre 2017
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    J’ai récemment eu l’occasion de m’entretenir avec Jill, qui a pris part à l’essai de phase III sur la minocycline, à propos de sa participation à l’étude. L’annonce sur la minocycline – médicament qui pourrait réduire le risque d’apparition de la SP chez les personnes qui présentent des signes précoces de cette maladie – a été une véritable percée dans le domaine de la recherche sur la SP. (suite…)

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  • Lancement d’une initiative de plusieurs millions de dollars pour étudier la progression de la SP

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    La Société canadienne de la SP, Biogen Canada et la Fondation Brain Canada ont fait aujourd’hui une annonce susceptible de changer la façon de comprendre, de diagnostiquer et de traiter la SP en vue, un jour, de guérir cette maladie. J’ai le plaisir d’annoncer qu’une étude de plus de sept millions de dollars consacrée au suivi de la progression de la SP au fil du temps sera lancée au Canada d’ici un an.

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  • Lorsque « évolution » rime avec incertitude

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    Par Chantal Milne

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    Lorsque j’ai appris que j’étais enceinte, je me suis empressée de télécharger sur mon téléphone deux applications en lien avec la grossesse. J’ai aussi acheté trois livres sur le sujet et, rapidement, j’ai intégré à ma routine matinale, dès ma sortie du lit, une recherche sur Google avec les mots « Jour X de la grossesse ».

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  • L’innovation technologique au service de la prise en charge des symptômes de la SP selon Denez Bokhari et l’équipe Team TBS

    « Êtes-vous certains de ne pas vouloir prendre une tasse de thé? », nous demande Mme Bokhari dans le hall d’entrée d’une tour située à la périphérie de Waterloo, en Ontario. Ma collègue Stephanie et moi la rassurons en lui répondant que nous avons déjà absorbé notre dose de caféine, de peur de mettre en retard sa fille Denez, âgée de 21 ans. Ensuite, nous suivons cette dernière, qui doit se rendre à l’un des nombreux laboratoires de l’Université de Waterloo, où elle passe le plus clair de son temps en tant qu’étudiante en biologie se consacrant à la médecine.

    Denez compte parmi les membres de l’équipe Team TeraBio Solutions (TBS), qui, l’automne dernier, s’est vu remettre par la Société de la SP une subvention de 15 000 $ après avoir remporté un marathon de programmation de deux jours, intitulé « Hack4Health » et axé sur la technologie et l’échange d’idées. Cet événement, qui s’est tenu à l’Université de Waterloo, visait à promouvoir l’élaboration de nouvelles solutions technologiques en matière de prise en charge des symptômes de la sclérose en plaques.

    La Dre Karen Lee, vice-présidente de la recherche à la Société de la SP, et son équipe étaient présentes lors de ce marathon afin de sélectionner le projet qui pourrait être développé. Aujourd’hui, Stephanie et moi sommes venus à Waterloo pour savoir où en est le travail entrepris par cette équipe et faire connaissance avec les jeunes étudiants qui la composent, tous passionnés par le défi qu’ils se sont engagés à relever. Alors que nous la filmons, Denez monte à bord de l’autobus qui nous conduira au campus et commence à nous parler de son récent voyage à Lahore, au Pakistan, où elle est née.

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  • Les subventions annoncées au congrès de l’ECTRIMS par l’Alliance internationale pour la recherche sur la SP progressive marquent une étape majeure dans la recherche sur la SP progressive

    22 septembre 2016

    Comme le temps passe! Il y a un peu plus d’un an, la Société de la SP annonçait les noms des lauréats des subventions de planification de l’Alliance internationale pour la recherche sur la SP progressive. Nous franchissions alors le premier pas vers une démarche mondiale sans précédent visant l’établissement d’une collaboration entre les chercheurs et les scientifiques du monde entier, issus de tous les domaines, qui disposent des ressources nécessaires pour accélérer l’élaboration de traitements contre la SP progressive. Les onze lauréats de subventions de planification ont tous proposé des études de grande envergure destinées à fournir des réponses aux questions scientifiques les plus complexes sur la SP progressive et à permettre de surmonter les difficultés liées au traitement des personnes touchées par une forme progressive de SP. Leurs propositions de recherche ont été soumises à un deuxième examen, à la suite duquel trois projets allaient être sélectionnés et financés à hauteur de 4,2 millions d’euros (ou 6 millions de dollars).

    Dernièrement, lors d’une conférence de presse de l’ACTRIMS, l’Alliance a annoncé les noms des lauréats de ces subventions de recherche collaborative de 4,2 millions d’euros. Les trois réseaux de recherche multinationaux titulaires d’une subvention tenteront de relever des défis cruciaux posés par la SP progressive, à savoir l’élaboration de traitements efficaces contre cette forme de SP, la recherche sur de nouveaux biomarqueurs qui permettront de mesurer la progression de la maladie et la réponse aux traitements, et la conception d’essais cliniques de faible envergure pouvant être effectués rapidement, et ce, dans le but de hâter la mise au point de nouveaux traitements pour les personnes qui vivent avec la SP.

    Je suis ravie  de voir qu’un chercheur du Canada figure parmi les lauréats de ces subventions. Il s’agit du Dr Douglas Arnold, de l’Institut et hôpital neurologiques de Montréal, Université McGill. En outre, plusieurs autres chercheurs du Canada font partie des collaborateurs aux trois projets, dont le Dr Jack Antel, de l’Université McGill, et le Dr Alexandre Prat, de l’Université de Montréal.

    Voici une description des projets subventionnés.

    Titre du projet : Utilisation d’un biomarqueur d’IRM pour évaluer l’évolution de l’incapacité au cours des essais cliniques

    L’une des entraves à l’élaboration de traitements contre la SP progressive réside dans le fait que les chercheurs ne savent toujours pas comment évaluer la réponse des participants à un traitement donné, dans le cadre des essais cliniques. Il est donc particulièrement important de mettre au jour un bon indicateur d’efficacité d’un traitement pour les essais de phase II, au cours desquels les chercheurs tentent de déterminer si le médicament produit quelque effet que ce soit. Les indicateurs peuvent comprendre des mesures cliniques (degré de variation de l’intensité des symptômes), des marqueurs d’imagerie et des marqueurs biologiques présents dans l’organisme.

    Le Dr Doug Arnold, reconnu comme une sommité mondiale dans le domaine des techniques d’imagerie avancées de la SP, s’est entouré d’une équipe interdisciplinaire vouée à la production de la prochaine génération de marqueurs d’IRM de la progression de la SP, pouvant être utilisés dans les essais cliniques de premier stade. Il arrive que les changements cliniques dans les incapacités des personnes touchées par une forme progressive de SP prennent du temps à se manifester ou soient difficiles à déceler, et ces changements subtils ne reflètent pas nécessairement ce qui se passe dans le cerveau.

    À l’aide d’outils informatiques de pointe, du « deep learning » (technologie utilisée dans le domaine de la reconnaissance faciale, entre autres) et d’une banque volumineuse de clichés d’IRM (contenant des données provenant de 2 000 patients et plus de 40 000 clichés d’IRM), le Dr Arnold scrutera le cerveau de personnes qui vivent avec une forme progressive de SP afin de déceler des caractéristiques qui :

    1. changent dans un court laps de temps et qui peuvent ainsi être mesurées facilement et rapidement;
    2. sont associées à des changements dans les incapacités et qui peuvent ainsi annoncer une progression;
    3. peuvent nous indiquer les effets d’un traitement sur la neurodégénérescence et les incapacités de la personne.

    L’étude du Dr Arnold pourrait avoir d’énormes retombées, par exemple sur le processus diagnostique clinique de la SP progressive, le suivi des changements dans l’évolution de la maladie et l’évaluation des bienfaits des traitements. À la conférence de presse, le chercheur a parlé de la possibilité du biomarqueur d’être transformé en une mesure quantitative (score) pouvant servir à mesurer l’incapacité d’une personne et à déterminer si cette incapacité augmente ou diminue au fil du temps ainsi qu’avant et après le traitement. Il a aussi souligné le rôle important qu’avaient joué des personnes qui vivent avec la SP dans la conception de l’étude. Leur collaboration a en effet permis de mieux saisir l’impact de l’étude et sa pertinence par rapport aux expériences vécues dans le monde réel.

    Les deux autres subventions sont allées au Dr Gianvito Martino, de l’Hôpital San Raffaele, à Milan, et au Dr Francisco Quintana, du Brigham and Women’s Hospital, à Boston.

    Utilisation d’outils informatiques pour découvrir de nouveaux médicaments prometteurs contre la sclérose en plaques progressive

    La recherche de traitements sécuritaires et efficaces contre la SP progressive peut équivaloir à chercher une aiguille dans une botte de foin. Tout comme l’informatique et l’immense volume de données colligées jusqu’à présent transforment nos modes de vie et de travail, la bio-informatique – associant les domaines de l’informatique, de la statistique et de l’ingénierie – transforme les méthodes de recherche de nouveaux médicaments (et le processus d’attribution de nouvelles indications à des médicaments existants) et l’utilisation de ces derniers dans la pratique clinique.

    Faire passer un tout nouveau médicament du laboratoire à la clinique peut prendre jusqu’à 15 ans et coûter un milliard de dollars. Par ailleurs, les initiatives visant à traiter la SP par des médicaments existants, dont l’utilisation est approuvée pour d’autres maladies, s’avèrent une stratégie prometteuse dans la recherche de traitements contre les formes progressives de SP. Le Dr Martino a indiqué que de telles démarches devaient être accélérées et a souligné que les personnes qui vivent avec une forme progressive de SP ne peuvent pas attendre plus longtemps la mise au point de traitements. Grâce aux travaux menés conjointement dans les laboratoires de cinq pays, il recourra à des outils technologiques sophistiqués pour repérer des substances déjà offertes sur le marché et ayant le potentiel de traiter les formes progressives de SP. D’abord, l’équipe du Dr Martino passera au peigne fin de grands ensembles de données biologiques et chimiques pour trouver des médicaments susceptibles de déjouer les mécanismes qui sous-tendent la progression de la SP. Puis, au moyen d’analyses cellulaires, l’équipe évaluera l’efficacité de ces médicaments candidats pour prévenir la détérioration des cellules nerveuses et promouvoir la réparation de la myéline – deux processus importants permettant de contrecarrer la progression de la maladie. Après avoir réduit la liste des substances associées aux médicaments candidats les plus prometteurs, l’équipe évaluera leur potentiel d’efficacité chez des animaux atteints d’une forme progressive d’une maladie semblable à la SP.

    Le Dr Martino espère que dans les quatre ans qui suivront le début de cette étude, son équipe aura mis en lumière une petite quantité de médicaments candidats prometteurs qui pourront faire l’objet d’essais cliniques auprès de personnes qui vivent avec la SP progressive.

    Mise au point d’un éventail de nouveaux médicaments contre la SP progressive secondaire

    Le système immunitaire « inné » est la première ligne de défense de l’organisme contre l’infection. Alors que le système immunitaire adaptatif (constitué de lymphocytes comme les cellules T et les cellules B) a toujours reçu toute l’attention au chapitre des mécanismes et des traitements de la SP, de nouvelles données montrent que le dérèglement du système immunitaire inné peut aussi intervenir dans le processus de la maladie. Le Dr Quintana et son équipe ont récemment cerné les mécanismes biologiques qui régissent la réponse immunitaire innée, et ils ont découvert qu’en modifiant ces mécanismes par génie génétique, il est possible de freiner la détérioration des cellules nerveuses et l’aggravation des incapacités chez un modèle animal de SP progressive. Cela dit, on ne dispose pour l’instant d’aucun médicament candidat capable de cibler ces mécanismes immunitaires.

    Grâce à la nouvelle subvention de l’Alliance, l’équipe du Dr Quintana poussera sa recherche encore plus loin dans le but ambitieux mais réaliste de trouver des médicaments candidats capables de cibler le système immunitaire inné, qui seront prêts à être utilisés d’ici quatre ans, dans le cadre d’essais cliniques de premier stade, élaborés dans le contexte de la SP progressive. Tout comme le projet du Dr Martino, celui du Dr Quintana donnera l’occasion au chercheur d’en apprendre énormément sur les médicaments approuvés pour d’autres maladies que la SP et dont les modes d’action et les profils d’innocuité sont déjà connus, ce qui lui évitera de « réinventer la roue ». Ainsi, des médicaments prometteurs pourraient rapidement être mis à la disposition des personnes qui vivent avec une forme progressive de SP.

    Le plus intéressant à propos de ces projets est qu’ils impliquent la collaboration de vastes réseaux de recherche et celle de l’industrie pharmaceutique. Cette dernière s’avère un partenaire particulièrement important parce qu’elle possède, d’une part, des ressources dont elle peut faire profiter les chercheurs universitaires et, d’autre part, une immense expertise dans l’élaboration de médicaments, dans leur évaluation lors d’essais cliniques et dans leur mise en marché.

    Caroline Sincock, représentante de la collectivité au comité scientifique directeur de l’Alliance, vivant elle-même avec une forme progressive secondaire de SP, a pris la parole au congrès. Il fut extrêmement intéressant d’entendre ce qu’elle avait à dire sur les projets subventionnés par l’Alliance et les activités de cette dernière.

    Elle s’est dite « inspirée par l’engagement des chercheurs », soulignant qu’elle « voyait fort bien tous les avantages de la collaboration dans le domaine de la recherche ». Mme Sincock a précisé, par la suite, que les personnes qui vivent avec une forme progressive de SP se sont longtemps senties négligées et laissées pour compte, avant d’ajouter que la SP progressive a des conséquences négatives non seulement sur le plan physique, mais aussi sur les plans affectif, social, financier et professionnel ainsi que sur les relations familiales.

    Elle a précisé que les activités de l’Alliance et les subventions qu’elle vient d’accorder « suscitaient l’espoir que de réels progrès seront accomplis » et « témoignaient du fait que l’Alliance ne se limite pas à financer la recherche, mais qu’elle se consacre également à la sensibilisation à la SP progressive ». Je crois que Mme Sincock parle au nom de toutes les personnes qui vivent avec une forme progressive de SP lorsqu’elle souligne l’importance de la contribution de l’Alliance à l’avènement prochain de réels changements.

    Nous avons eu la chance de nous entretenir avec le Dr Arnold au sujet de ses travaux. Cette entrevue sera mise à votre disposition très bientôt!

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  • Option thérapeutique prometteuse reposant sur une approche personnalisée

    Photos de l’Hôpital d’Ottawa 

    La sclérose en plaques (SP) est une maladie très personnelle, et les gens qui en sont atteints présentent une grande variété de profils. En effet, bien que la réponse auto-immune prenant pour cible la myéline demeure au cœur des mécanismes pathologiques de la SP, les signes, les symptômes et l’évolution de cette affection peuvent varier considérablement d’une personne à l’autre.

    De même, chaque personne qui vit avec la SP réagit à sa manière au traitement qui lui est administré. Il y a un peu plus de vingt ans, il n’existait aucun traitement capable de modifier l’évolution de la maladie, de limiter la fréquence des poussées et de réduire le nombre de lésions cérébrales. Depuis, onze médicaments modificateurs de l’évolution de la maladie (ou immunomodulateurs) ont été homologués au Canada pour le traitement de la SP cyclique, et d’autres sont à l’étude. Grâce à ce vaste éventail de médicaments immunomodulateurs, les médecins disposent d’un plus grand nombre d’options thérapeutiques qu’auparavant pour répondre aux besoins propres à leurs patients atteints de SP. Or, malgré les progrès remarquables réalisés au chapitre du traitement de la SP, certaines personnes ne répondent pas aux médicaments qui leur sont prescrits contre cette maladie, ce qui démontre indéniablement la nature diverse de la sclérose en plaques.

    (suite…)

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