En canoë avec David Dunn

Dave a exploré des régions méconnues du Canada. Il a pagayé le long des dunes de la rive sud du lac Athabasca jusqu’aux chutes Wilberforce, soit les plus hautes au nord du cercle polaire. Pendant ses voyages dans le Nord, Dave a vu des caribous, des grizzlis, des pygargues à tête blanche et des paysages d’une beauté à couper le souffle. En août dernier, il a entrepris un périple de huit jours en canoë au Yukon, le long d’une route que les prospecteurs ont empruntée lors de la ruée vers l’or du Klondike. Il s’agissait de sa première excursion en canoë depuis l’apparition des symptômes de sclérose en plaques (SP), six ans auparavant.

Dave a commencé à ressentir des symptômes à l’automne de 2012, alors qu’il était enseignant dans une école secondaire de Prince Albert, en Saskatchewan.

« Je suis charpentier de métier, j’enseigne en atelier, et je supervisais des élèves en train de bâtir une maison pour Habitat pour l’humanité lorsque j’ai commencé à boiter de plus en plus. Au printemps de 2013, je faisais du canoë avec la classe de plein air, et ma femme a dû se placer à l’arrière du canoë parce que je n’arrivais plus à pagayer. C’est là que j’ai su que quelque chose clochait. J’ai finalement reçu un diagnostic de SP progressive primaire en 2014. »

Un des nombreux pygargues à tête blanche qui peuvent être observés le long de la grande rivière Salmon, à la recherche de saumon dans les eaux qui sillonnent à travers d’immenses falaises sablonneuses et de petites montagnes.

À la tombée du diagnostic, Dave pensait qu’il ne pourrait plus jamais faire de canoë. Jusqu’à l’été dernier, lorsque son meilleur ami et partenaire de canoë depuis 30 ans, Jack, l’a appelé pour lui soumettre une idée : « Et si on suivait la grande rivière Salmon en partant de l’est de Whitehorse pour atteindre Carmacks par la rivière Yukon? »

« J’ai tout de suite remis l’idée en doute, parce que je ne pouvais ni faire de portage dans les rapides ni pagayer », raconte Dave. Jack n’a pas jeté l’éponge pour autant. Il a choisi un parcours sans portage ni eau vive, et a proposé à Dave de s’asseoir au centre du canoë pour prendre des photos.

Jack a initié Dave à ce sport en 1986, lorsque les deux amis étudiaient en sciences de l’éducation à l’Université de la Saskatchewan. Dave, qui s’est marié à l’été de 1987, se souvient que sa lune de miel était un voyage en canoë avec Jack, et sans sa femme. « C’était toute une femme! Nous rêvions de faire des excursions en canoë de plus de deux semaines une fois à la retraite. Mais elle est tombée malade, puis moi aussi, et nous n’avons pas pu mettre notre plan à exécution. »

Jack voyait son ami perdre la capacité de faire des activités qui lui plaisaient, et il ne voulait pas que le canoë en fasse partie. Il l’avait convaincu de monter dans un canoë il y a 30 ans, et il devait le convaincre de nouveau.

« Je me sentais comme lors de ma première excursion : je ne savais pas à quoi m’attendre. Mais cette fois, c’était à cause de la SP », raconte Dave. « Tout était nouveau : comment me tenir au chaud dans le canoë, comment aller aux toilettes. » Jack, qui amène souvent son fils atteint de paralysie cérébrale en canoë, à la pêche ou en motoneige, avait quelques solutions en tête. Un ami de la famille, qui est ergothérapeute, a également donné un coup de pouce.

L’excursion ne s’est pas déroulée comme les précédentes en raison de la maladie dont est atteint Dave. « J’avais l’habitude de cuisiner tous les repas, surtout lorsque je partais avec ma femme, mais ce n’était plus possible. Je ne pouvais pas non plus rester debout très longtemps; j’avais donc une chaise que j’utilisais dans le canoë et près du feu. Ce n’était pas une mince affaire de m’asseoir et de me relever, mais, pour le reste, tout a bien été. »

Dave avait déjà pensé à quelques solutions pour rester au chaud et au sec. Il sait que sans le soutien de partenaires d’expérience prêts à pagayer et à l’aider à entrer et à sortir de l’embarcation, il n’aurait jamais pu revivre un voyage en canoë. Il est impatient de partir de nouveau pour découvrir d’autres paysages sauvages du nord du Canada en faisant du canoë et du camping avec ses amis.

« La SP m’empêche de partir en excursion avec mes petits-enfants, mais j’ai transmis mon savoir à mon fils, qui pourra à son tour enseigner le canoë à ses enfants. » Dave n’a peut-être pas la capacité physique d’enseigner les rudiments de la navigation à ses plus jeunes petits-enfants, mais il pourra certainement les inspirer par son amour du canoë et des grands espaces, et par sa détermination à trouver de nouvelles façons de vivre ses passions malgré la SP progressive.

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