Art du mieux-être et SP

Alex a reçu un diagnostic de SP en novembre 2018, après qu’elle ait commencé à voir double et à ressentir des fourmillements au pied. Elle se doutait que quelque chose n’allait pas et a donc pris rendez-vous avec son médecin à Saskatoon. Celui-ci a évoqué la possibilité qu’elle soit atteinte de SP, ce qu’un examen d’IRM a rapidement confirmé.

Après un traitement par corticostéroïdes visant à réduire l’inflammation, les symptômes d’Alex se sont résorbés rapidement. Ils ont cependant fait place à des problèmes de santé mentale. Alex avait tendance à s’inquiéter facilement, et l’incertitude quant à son avenir lui causait de l’anxiété et du stress.

« Ma famille m’a apporté un sentiment de stabilité quand la SP m’empêchait de voir clair. Grâce au soutien de ma famille et de mes amis, j’ai appris à me connaître en étant à l’écoute de mon corps et en suivant mon intuition. Il est facile de se sentir faible ou inférieure quand on est atteint d’une maladie chronique, et un sentiment de honte peut s’installer. Mais si on fait preuve de compassion envers soi-même, on ouvre la voie à la guérison et à la paix intérieure. »

Deux ans plus tard, Alex privilégie une approche globale de prise en charge de la SP : elle fait de l’exercice, s’alimente sainement et accorde la priorité à sa santé mentale. Les bonnes comme les moins bonnes journées, elle agit là où elle peut : « Je ne sais pas quand aura lieu la prochaine poussée, et je préfère ne pas y penser. »

L’art a toujours été un moyen efficace de combattre le stress pour Alex, et la peinture a aidé celle-ci à accepter son diagnostic. La solitude salvatrice qui accompagne ses activités créatrices brise l’isolement causé par la SP.

« J’ai toujours été une personne créative. Quand j’étais enfant, les murs de ma chambre étaient recouverts de centaines de coupures de magazines représentant des chevaux, et j’avais un cahier rempli de croquis de personnages. J’ai ensuite fait l’essai du dessin et de la peinture abstraite, mais c’est seulement vers la mi-vingtaine que je me suis découvert une passion pour l’aquarelle. »

Au fil des ans, le diagnostic d’Alex l’a motivée à intégrer l’auto-expression à sa profession, puis à transformer son passe-temps en travail à temps plein.

« Il n’était plus possible pour moi d’occuper un emploi stressant dans un bureau. Depuis que je dirige ma propre entreprise de création, je peux gérer mon énergie. »

Aujourd’hui, Alex a l’impression que son art gravite moins autour d’elle et qu’il a une plus grande dimension humaniste. Elle crée des séries de tableaux autour de concepts ou de thèmes qu’elle souhaite explorer. Ceux-ci s’inspirent de la fusion d’idées provenant de multiples sources, comme la nature, la musique, les souvenirs et les rêves.

« Il s’agit d’un processus très intuitif et organisé qui symbolise ma détermination à embrasser l’inconnu. »

Comme Alex fait de l’art abstrait, ceux qui découvrent ses œuvres peuvent s’y projeter également. Certains disent que les tableaux les rendent émotifs sans qu’ils sachent pourquoi, tandis que d’autres affirment que les œuvres évoquent un souvenir distinct.

« Je suis touchée quand mes tableaux jouent un rôle thérapeutique, que ce soit en piquant la curiosité, en réveillant l’imaginaire ou en rappelant l’importance de s’arrêter. »

Tout le monde a été contraint de prendre une pause en raison de la pandémie mondiale. Le Canada a commencé à imposer des mesures préventives pour freiner la propagation de la COVID-19 au moment où Alex lançait son exposition en solo, intitulée Inner Islands : The Art of Wellness. La pandémie a forcé l’annulation d’événements et réduit les possibilités de vendre des œuvres.

Cette épreuve a cependant incité Alex à faire une introspection et à se questionner sur ce qui comptait le plus pour elle. « Je trace un parallèle entre la pandémie et mon diagnostic de SP : dans les deux cas, il faut accepter les choses telles qu’elles sont et s’adapter, pour notre bien-être et celui de notre famille. »

En plus des difficultés associées à la COVID-19, Alex doit gérer le stress qui accompagne sa grossesse, qu’elle n’aurait jamais cru vivre pendant une pandémie. Comme toujours, elle se concentre sur ce qu’elle peut maîtriser.

« J’ai beaucoup travaillé pendant la production de l’exposition Inner Islands, parce que je voulais aider d’autres personnes qui vivent difficilement avec l’incertitude. J’ai maintenant le privilège de ralentir, pour le bien de mon bébé et de ma santé, de prendre du recul et de réfléchir à la meilleure façon de servir ma collectivité comme artiste et de remplir mon rôle de mère atteinte de SP. » Alex a un message en cette période d’incertitude : « Prenez le temps de réfléchir à la façon de guérir et de bâtir un avenir sain. Si la solitude vous pèse, creusez ce sentiment jusqu’à ce que vous trouviez la paix et la motivation d’aller de l’avant. 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *